Béni soit Panini
Les amis, j’aimerai aujourd’hui rendre hommage au père de la vignette. Non pas celui qui a créé la taxe sur les automobiles en 1956 (qui prenait la forme d’une vignette que les automobilistes mettaient sur leur pare-brise et ce jusqu’en 2000 date à laquelle elle fut finalement supprimée), j’ai nommé Paul Ramadier, homme politique français mort en 1961, mais de Umberto Panini le dernier des quatre frères qui ont donné naissance dans les années 1960 à l'empire des vignettes de joueurs de foot. Ce dernier s’est éteint récemment dans la nuit du 29 au 30 novembre 2013 à Modène. Je lui rends hommage car grâce à lui j’ai eu le plus beau cadeau qu’un petit garçon puisse espérer de sa maman : un album panini !
En ce qui me concerne il s’agissait de l’album Panini de l’année 1983. A l’heure où ma sœur collectionnait les 45 tours de cette année-là avec des chanteurs comme Michael Jackson (Billie Jean), David Bowie (Let’s Dance) sans oublier François Valery (Elle danse Marie) - cherchez l’intrus -, moi je n’avais qu’une idée en tête : finir l’album de foot Panini de la saison. Rien n’était plus important à mes yeux que de me procurer ces vignettes de footballeurs moustachus aux maillots un peu trop moulants que je collais avec une grande application dans mon album. J’ai souvenir du jour où j’ai collé la vignette de Robert Herbin, l’entraîneur de l’ASSE, dont la coiffure frisée, très dense et arrondie n’avait rien à envier à celles des Jackson Five. C’est peut être mon jeune âge et ma naïveté qui sont à l’origine de cette méprise mais j’ai longtemps cru que celui-ci était le père des Jackson Five. La couleur blanche de sa peau et rousse de ses cheveux me firent parfois douter de cette paternité improbable mais sa coupe affro (affreuse diront certain) était tellement parfaite que j’en revenais toujours à cette certitude : Robert Herbin était le père des Jackson Five ! Voilà vers quel genre de spéculation m’entraînèrent les albums Panini. Mais cette passion de collectionner les vignettes me permit surtout d’apprendre des choses essentielles comme celle de coller bien droit ses vignettes, celle de connaître le nom et la date de naissance de tous les joueurs du championnat de France ou encore celle qui consistait à pratiquer le système du troc qui est, rappelons-le, la base historique des échanges commerciaux. En effet nous n’avions pas d’autres choix afin d’arriver à nos fins, c’est-à-dire achever notre album, que d’échanger avec les copains nos vignettes en double dans la cour de récré. « Je t’échange Jean-Paul Rabier du Stade Lavallois contre Daniel Krawczyk de Lens ». Incroyable, non ? En outre, on l’oublie un peu vite mais grâce à ces vignettes, moi et tous les garçons de mon époque étions devenus incollables (1) en géographie. Toutes les villes françaises, même les plus exotiques comme Nœux- les- Mines, Viry- Châtillon, Louhans-Cuiseaux, Montceau, Libourne, Abbeville nous étaient devenues familières. Et que dire du bruit magique engendré à chaque ouverture de paquet et l’odeur de colle si caractéristique qui en émanait et en émane encore aujourd’hui…C’était le temps béni des Panini !
Bien ce n’est pas tout les amis mais cette chronique m’a donné faim, je m’en vais de ce pas manger un sandwich tomate-mozza chauffé, également appelé.... panini !
(1) Petit clin d’œil du Dr Chabry qui n’a pu s’empêcher d’utiliser l’adjectif incollable alors même que cette chronique porte sur les vignettes autocollantes
à gauche Umberto Panini, le père de la vignette footballistique et à droite le père de la vignette auto, Paul Ramadier. Notons au passage que ce dernier s'est vivement opposé à Pétain et a participé à la Résistance. C'était donc un homme bien ,d'autant que sous le Front populaire, il fit adopter d’importantes lois sociales, notamment celle sur les accidents du travail, la retraite et les 40 heures. Peut être vous demandez-vous ce qu'il fait à côté d'Umberto Panini? A vrai dire je n'en sais trop rien.........c'est juste que j'avais envie de parler de lui
le père des Jakson Five : Robert Herbin
"Je t'échange Jean Paul Rabier du Stade Lavallois contre Daniel Krawczyk de Lens !"
nostalgie quand tu nous tiens






